Le jargon du p'tit folkleux

Les vieux métiers du Limousin

En Limousin, comme ailleurs, on se déplacait au gré des opportunités de travail. Certains allaient se louer comme valet de ferme, d'autres se louaient pour des travaux saisonniers tailleur de pierre, scieurs de long, maçons... les petits metiers des villes : porteurs d'eau, bougnats, cocher de fiacre, rétameurs, aiguiseur, cordonniers, récupérateur, sans oublier le compagnon du tour de France qui faisait son apprentissage et le colporteur qui aportait partout sa cargaison de petits materiels (couteaux, parapluies, toiles, vins, ... ), et de nouvelles . chaque région avait sa "spécialité" et donc a certaines saisons tous ces travailleurs saisonniers se croisaient sur la route.

C'étaient des hommes robustes et en pleine force physique, âgés de quinze à quarante-cinq ans. Par milliers, ils ont quitté leur foyer et leur pays. Des communes entières se vident de leurs hommes, du plateau de Millevaches, près de La Courtine, aux monts du Forez et de la Margeride et du Puy-de-Dôme. Entre la foire de Saint-Anthéme, le 14 septembre, et la fin d'octobre, soit généralement juste après les semailles d'automne, ils prennent la route, à pied, en groupe, souvent en chantant. Ils font ainsi jusqu'à quatre cents kilomètres, essaimant dans toutes les directions. ils abandonnent femmes et enfants en leur confiant la ferme.Ce qui fait que les mariages ont lieu à la fin de l'été et les naissances entre avril et juin. Chaussés d'une paire de sabots neufs, ils vont, vêtus d'un pantalon de serge, d'une blouse, ou « biaude », bleue et coiffés d'un chapeau de feutre de laine à large bord, qui les protège de la pluie et du soleil. Extrait baptistaire ou passeport en poche, ils emportent pour bagages un balluchon et toute une panoplie d'outils. Dans le balluchon, tenu de la main gauche, ils ont serré deux ou trois chemises de chanvre, un pantalon de velours, pour le travail, deux ou trois paires de chaussettes dont la semelle est doublée extérieurement d'une pièce de drap, des mouchoirs, un sac de toile fait d'un drap cousu qui servira de sac de couchage lors des étapes dans les granges, parfois une paire de sabots de rechange. Sur les routes, celui qui les rencontre se gausse volontiers d'eux, les appelant des « mangeurs de chataignes » et se moquent de leur parler. Est-ce pour cela qu'aux auberges, ils préfèrent généralement les granges et les maisons inhabitées, retrouvant des itinéraires invariables et jalonnés d'habitudes ? D'année en année, la destination de chaque brigade ne varie guère. Le « doleur », qui a recruté la troupe au village ou à l'occasion des foires ou « baladoires » des environs, gère les questions d'intendance. Arrivés à destination, c'est lui qui négocie le travail avec le patron.

Lors de la révolution industrielle, et du déclin de la société rurale, une émigration plus radicale, vers les villes se mit en place. les rétameurs, charbonniers, cochers de fiacre et cabaretiers de Paris, vennaient du Limousin et d'auvergne.

Se reporter au livre tres complet : quand nos ancetres partaient à l'aventure de Jean Louis Beaucarnot.
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